On retrouve bien, avec « Kéraban le Têtu », l'auteur de théâtre que fut Verne à ses débuts, quand le jeune auteur, au fond particulièrement enjoué, était souvent porté à la plaisanterie et au calembour.
C'est donc avec un art très théâtral que Jules Verne, mettant en scène un turc entêté, Kéraban, et un Hollandais minable, Van Mitten, nous propose ici un roman folklorique, très drôle par moment, où l'action est aussi prétexte aux nombreuses explications géographiques et ethnologiques – parfois hasardeuses ! – que l'auteur a pu retirer de ce long voyage.
Ils ne sont sans doute pas les seuls « verniens », ceux qui ne jurent que par Némo ou Michel Strogoff ! Kéraban est aussi un fameux personnage et « Kéraban le Têtu », un des chefs-d'œuvre de la fameuse collection des « Voyages Extraordinaires » de l'auteur !



Les descriptions très précises de l'auteur sur les lieux et les régions parcourus, une découverte très intéressante de la géopolitique de cette zone centre-européenne dont on parle tant aujourd'hui, avec, au premier chef, l'entrée ou non de la Turquie dans l'Union Européenne, font de ce roman autant un précis d'histoire pré-contemporaine qu'un récit de voyage extraordinaire.
A lire absolument, même si l'auteur n'y cache que bien mal sa misogynie.